C’est quand le bon moment ?

Ce n’est jamais le bon moment alors pourquoi pas maintenant.

J’écris le tout premier article de ma vie avec beaucoup de timidité malgré une certaine aisance derrière l’écran qui me sépare de vous. Partagée entre ce sentiment d’excitation à l’idée de vous laissez entrer dans mon petit monde rien qu’à moi pour vous donner un peu mais surtout « beaucoup de tout » et cette peur de me lancer tout simplement. Parce que, oui, il faut bien commencer un jour et on se demande toujours par quoi. Est-ce qu’il faut que je fasse les présentations ? Dois-je parler d’un sujet d’actualité ou d’un thème en particulier ? Faut-il savoir bien écrire ?…

Personne ne me connais. (Enfin si. Mais moi aussi, alors ça ne compte pas).

Je suis en vacances et pourtant j’appuie sur le bouton ON ! Et bien non, je ne suis pas folle. En fait si, mais je suppose que ça me convient. C’est donc pour moi le meilleur moment puisque je le fais réellement. Je pense qu’il faut savoir s’écouter, se laisser du temps (sans chercher des excuses – ce que j’ai fait – sinon ce serait trop beau) et trouver un moment ou un endroit précis dans lequel on se sent bien et en confiance. J’en conclus que l’endroit idéal est donc le lit de ma chambre de petite fille chez mes parents en Haute-Savoie accompagnée de ma fille qui dort dans une position de gymnaste d’un côté et de mon homme de l’autre. Je pense que j’avais besoin de retrouver l’endroit que je connais le mieux et de me laisser porter par le paysage de jour comme de nuit… Entre nuages fracassant les montagnes, étoiles scintillantes et ombres se mouvant au gré du vent, l’atmosphère est pour moi ressourçante.

Pour revenir au « beaucoup de tout », je voudrais partager avec vous mon parcours et mon quotidien de jeune maman fauchée (pour le moment !) qui a pris le pari de vivre de sa créativité.

C’était mal barré…il y a un peu moins de 10 ans, je rentrais du lycée avec une idée bien tranchée « moi l’école ça me gonfle, j’y vais plus ! ». La réponse de mes parents avait été claire « tu fais ce que tu veux, mais tu fais quelque chose (sous entendu, un diplôme) ».

Un goût certain pour les arts graphiques et la photo, des recherches de formations et une batterie de test de personnalité plus tard, me voilà en route vers un avenir radieux de Graphiste (rire !), dans un lycée professionnel du bout du monde lac d’Annecy au milieu des prés et des vaches, au pied d’une montagne en papier découpé, collée sur un fond bleu…

CAP, Bac pro avec mention Bien (fierté et grand sourire chaque fois que j’évoque ce souvenir cf « C’était mal barré »)…puis galère pour les formations post-bac – la filière pro, c’est un piège – les portes se ferment toutes, on est condamné à entrer sur le marché du travail (colère) à moins de beaucoup de persévérance et des parents riches motivés. Direction Paris pendant 9 mois, puis Lyon pour une ultime formation de Graphiste Concepteur en alternance – merci la Suisse, aucune entreprise en région Rhône-Alpes n’a voulu de moi (re-colère) – et me voilà !